L’artiste peint ses premières toiles à Berlin et à Rügen, une île de la Baltique.

 

Les années 1960

 

En 1961 à l'occasion d'un voyage à Paris, il découvre les Fauves. Leur peinture le fascine et déterminera le choix de ses couleurs pour les années à venir.

 

En 1965, il entreprend son premier voyage en Provence. Il dira à ce sujet : « Je sentis que je trouverais là ce que j’avais en moi : une affinité avec les couleurs du paysage. »

Il choisit le pseudonyme ‘Aix’ pour son activité artistique.

En 1967, il abandonne sa profession d’ingénieur pour se consacrer entièrement à la peinture. Il peint dans deux ateliers, à Munich et à Aix-en-Provence.

 

Fasciné par le mythe des gitans, Werner Lichtner-Aix place leur pèlerinage aux Saintes-Maries-de-la-Mer au cœur de sa création artistique. Il réalise à cette époque les séries « Fêtes des gitans », « Images de la Camargue » et « Tableaux lumineux ».

  

  

1968  Première exposition importante à la galerie Änne Abels, à Cologne.

1969  Réalisation de l’album de lithographies « Côte d’Azur ».

Werner Lichtner-Aix n’a aucune affinité avec la peinture abstraite, qui prévaut à son époque : « Je ne me suis jamais demandé si ma peinture était dans l’air du temps, mais, dès le début de ma carrière d’artiste-peintre, j’ai toujours su que le seul style de peinture alors courant en Allemagne à cette époque – l’art informel – ne présenterait jamais aucun intérêt pour moi. J’ai toujours cherché – et je cherche encore – la rencontre avec la peinture romantique : Rottmann, Turner, Friedrich, Claude Lorrain… »

Pour Lichtner-Aix, la peinture a une finalité différente : « L’art doit suivre la voie de la clarté et de la simplicité. Il ne doit pas ignorer les problèmes écologiques de notre temps. La peinture que j’envisage est celle qui ramène aux origines, pour faire naître quelque chose d’authentiquement nouveau. »

 

Les années 1970

À partir de 1970, Werner Lichtner-Aix passe la majeure partie de l’année en Provence, à Sérignan-du-Comtat.

En même temps qu’il se consacre à la construction de sa demeure, l’artiste découvre le paysage provençal.

 

Ses thèmes de prédilection seront dès lors le paysage et les personnages – l’être humain faisant partie intégrante de la nature.

  

  

 

Peu à peu, l’élément anecdotique, tel que le percevrait un « voyageur » – comme les joueurs de boules ou les scènes de ses paysages de la Côte d’Azur, passe en arrière-plan. Prenant désormais un aspect plus concret et une signification plus universelle, les scènes deviennent l’expression de sa philosophie par le biais de la couleur pure.

 

Les collines de Sérignan et le Plan de Dieu – cette plaine qui s’étend du Mont Ventoux jusqu’à Orange – sont maintenant des motifs récurrents.

 

Le cycle du « Paysage libre » est un hommage à la couleur pure. Il sera suivi par les « Tableaux du mistral », dont Lichtner-Aix dira : « Le mistral, ce vent froid qui souffle du nord dans la vallée du Rhône, devient un phénomène élémentaire qui culmine dans une violente explosion de couleurs – souvent le seul motif – dans les tableaux du mistral. Ici, le vent n’est qu’un prétexte à l’usage de la couleur pure. »

  

La monographie publiée en 1975 aux éditions Wittemann (Munich) est consacrée aux travaux de cette période.

La deuxième moitié des années 1970 voit la production d’une série de sculptures, taillées dans le grès ou réalisées en bronze selon la technique de la cire perdue.

La sculpture est importante pour la peinture et l’œuvre graphique de Lichtner-Aix, comme il en témoignera lui-même : « Mes figures sont des dessins matérialisés en trois dimensions. Ils servent à enrichir le spectre de ma peinture. »

En 1976, le style de sa peinture change : c’est l’époque des « Tableaux de nuages », des toiles d’une grande sérénité, aux couleurs plus subtilement nuancées. Le Professeur Rainer Beck, historien de l’art, décrit Lichtner-Aix comme étant un représentant de premier plan d’une peinture tournée vers la nature, « qui exprime l’affinité avec le cosmos par les simples moyens de la couleur et de la matière. »

On appelle Lichtner-Aix le peintre de la Provence. Mais il réfute cette idée : « C'est faux. Ce n'est que par hasard que je suis venu en Provence et que j'ai pris ce paysage pour motif. Ce pourrait être n'importe quel autre paysage culturel, en ocre et bleu, qui produirait en moi la même décharge électrique. »

Dans le domaine des arts graphiques, l'artiste se consacre essentiellement à la lithographie jusqu'en 1976. Durant cette période, il ne réalise que quelques eaux-fortes monochromes, comme le cycle Jean Henry Fabre en 1972. Son nouvel usage de la couleur ne se prête pas à la technique de la lithographie. Il se tourne donc vers l’eau-forte. Une période de tâtonnements en étroite collaboration avec son imprimeur débouche sur la réalisation d’estampes dont la qualité esthétique égale celle de ses toiles. Lichtner-Aix réussit à intégrer l’élément pictural dans sa gravure. Ici aussi, le paysage et les personnages restent son thème de prédilection.

Même dans son œuvre graphique, Lichtner-Aix reste un peintre. Rainer Beck affirme à ce sujet : « L’effet pictural […] est exceptionnel, et le place parmi les meilleurs graveurs à l’eau-forte de notre temps. »

  

 

En 1977, Lichtner-Aix réalise l’album d’eaux-fortes « Camargue – Variations sur un paysage marin ».

En 1979, sa femme Monique publie « La cuisine provençale » aux éditions d’art Weingarten. L’ouvrage a été illustré par l’artiste.

 

Les années 1980

 

En 1980, inspiré par ses illustrations du livre « La cuisine provençale », Lichtner-Aix réalise la série d’eaux-fortes, publiée également sous forme d’album.

 

En 1981, construction d’un atelier qui correspond à sa conception d’une « lumière  idéale, dénuée de tout effet spectaculaire. »

 

Durant ces années aussi, la place du village, les villageois assis sous les arbres sont des motifs récurrents de son œuvre. « Ce ne sont ni les scènes de genre romantique, ni a fortiori un nouveau romantisme, comme certains se plaisent à le dire, qui m'ont jamais intéressé. Je suis fasciné par la lumière. L'endroit où la lumière est la plus intéressante, c'est là où sa modulation, où sa réfraction, est la plus différenciée, la plus nuancée : sous les arbres. Des éléments en réalité statiques, comme des platanes ou les murs d’une maison, s'animent d'une vie discrète sous l'effet du changement continu de lumière. Comme les formes et les personnages se trouvent également dans le champ de ce mouvement continu, il en résulte un accord harmonieux des éléments. Il ne m'importe donc pas tellement de représenter des types, des physionomies, pour moi, ils sont avant tout des véhicules de la lumière. »

  

  

Réalisation de nouveaux paysages : « Belvédère », « Tableaux de brume » : « des paysages où ce n’est pas le détail qui compte, mais la scène dans son ensemble », précise Lichtner-Aix. « Ici, c’est sur l’espace et la profondeur que se porte l’attention. Des horizons flottants. Et, par-dessus, le ciel mouvementé. Un prétexte à la libération des couleurs. Pour moi, le ciel ne signifie rien d’autre que l’expérience de la couleur. » Pour l’artiste, le ciel représente tout ce qui ne pourra jamais être détérioré par la main de l’homme.

  

Un voyage en Tunisie est source d’inspiration pour une série de dessins aquarellés représentant le paysage du désert, avec ses oasis et ses marchés arabes.

 

En 1982, Lichtner-Aix illustre le deuxième livre de sa femme : « Knoblauch, Kräuter und Oliven » (Ail, herbes et olives), également publié aux éditions Weingarten.

 

En 1983, ces mêmes éditions Weingarten publient la monographie « Werner Lichtner-Aix », qui contient la liste complète de l’œuvre graphique réalisée entre 1967 et 1983. La préface est écrite par le Professeur Dr Rainer Beck.

Réalisation de la série d’eaux-fortes intitulée « Paysages méditerranéens ».

En 1983 et 1984, Lichtner-Aix entreprend des randonnées en vélo au Maroc avec des amis français, cyclistes amateurs comme lui. La solitude absolue et les couleurs du désert sont pour lui une révélation.

En 1984, réalisation d’une série de dessins de grand format aux pigments et à la craie, notamment sur le thème des « Souvenirs », qui sont publiés par une entreprise industrielle allemande, pour un calendrier et sous forme d’album.

En 1985, une autre entreprise allemande publie un calendrier illustré de dessins réalisés par Lichtner-Aix sur le thème du monde du travail.

En 1985, Werner Lichtner-Aix entreprend un nouveau voyage en vélo, cette fois au Sinaï. Il décrit ce voyage comme étant un retour « aux couleurs originelles de la terre » : « Je faisais l’expérience de ces couleurs dans toute leur pureté et leur aspect changeant. » Il fixe ses impressions de ce paysage sur un bloc à dessins de 12 x 16 cm, en utilisant parfois le sable du désert pour peindre.

De retour dans son atelier, Lichtner-Aix réalisera des dessins de grand format aux pigments, des huiles et des aquarelles. Ce sont des œuvres d’une grande intensité contemplative, qui témoignent d’une fusion totale avec la nature.

 

Durant cette même année, l’artiste réalise sa série d’eaux-fortes intitulée « Sinaï ».

  

Publication de la monographie « Werner Lichtner-Aix » aux éditions Literart (Genève / Cologne).

En 1986, Werner Lichtner-Aix tombe gravement malade. Il met la dernière main à ses notes de voyage dans le Sinaï. Le livre « Sinaï – couleurs d’un paysage, paysage des couleurs » est publié la même année par les éditions Weingarten, tout comme un calendrier illustré des aquarelles sur la Tunisie.

Pendant un séjour en Sicile, il réalise des esquisses et dessins de petit format des sites culturels grecs.

En 1987, Werner Lichtner-Aix succombe à sa maladie. Dans son éloge funèbre, le Professeur Dr Rainer Beck affirmera : « Malgré sa disparition précoce, son art présente une cohérence étonnante. À travers son art, il est parvenu à un équilibre intérieur rayonnant qui, à la fin de sa vie, atteindra son apogée dans les paysages du Sinaï : réduit à sa plus simple expression, le paysage resplendit dans une harmonie de lumière surnaturelle. Tout naturellement, l’homme devient partie intégrante de cette harmonie, ne faisant plus qu’un avec les éléments. Son art recherche toujours ce qui est pur et intact dans un paysage ou une scène de la vie de tous les jours – leur essence intangible. »

En 1988, les éditions Weingarten publient la monographie « Werner Lichtner-Aix », qui contient ses dernières œuvres et le catalogue complet des œuvres graphiques réalisées de 1984 à 1987.

Parmi les dernières œuvres de Lichtner-Aix, on compte 13 dessins en couleur représentant des paysages européens, qu’une entreprise industrielle allemande publie sous forme de calendrier.

En 1989 paraît aux éditions Georgi un calendrier monographique intitulé « Werner Lichtner-Aix »

Des calendriers monographiques consacrés aux différentes périodes de création de l’artiste sont publiés aux éditions Weingarten en 1990, 1991, 1992, 1993, 1994, 1995 et 2005.

Quelque 200 expositions individuelles et de nombreuses publications, notamment un film intitulé « Le peintre Lichtner-Aix » réalisé par le journaliste Udo Philipp de la deuxième chaîne télévisée allemande, ont contribué à la renommée internationale de l’œuvre de Werner Lichtner-Aix.

 

 

Il laisse une œuvre abondante de toiles, dessins, aquarelles, gouaches, collages, d’innombrables carnets de dessins, des sculptures et 261 lithographies et eaux-fortes.